Une sortie réussie !

« Pourquoi soulever des montagnes, quand il est si bon de passer par-dessus ? »


C'est quoi une sortie ski de rando réussie ?

  • Un voyage suffisamment reposant
  • Une randonnée sauvage (sport, endurance, découverte, contemplation de la beauté des paysages et de la faune, méditation)
  • Un refuge ou un gîte cosy (ambiance chaleureuse, mousse, bonne cuisine de montagne)
  • Un sommet ou un col au panorama magnifique (le graal)
  • Des descentes à ski d'enfer (la cerise sur le gâteau)
  • Et l'esprit d'équipe !
Réglage de l'altimètre avant la course !


La cohésion et la convivialité sont l'âme du ski de rando comme du CIHM

Vous savez, un groupe qui :
  • Fait face à l'adversité du gardien de refuge qui vous réveille à 4h du mat
  • Se serre les coudes quand on se caille au col sous le vent
  • Se soutient moralement pour décider qui ira chercher de la neige à faire fondre
  • Ne tire pas au flanc quand la pente est trop forte
  • Ne lâche normalement jamais le pauvre dernier lorsque la cadence est trop rapide, quitte à l'encourager de «conseils vigoureux»
  • Est unie autour de son organisateur, de sa carte, son alti et sa boussole. Confiante dans ses doutes...
  • Est reconnaissante au point de lui laisser la dernière biscotte au petit déjeuner
  • Sait ne pas se prendre au sérieux
  • Préfèrent se péter de rire que de se la péter


Nous partons le vendredi soir,

 directement du centre de Paris, en car-couchettes, pour arriver quelques heures de sommeil plus tard en plein milieu des montagnes enneigées !
Passer rapidement de la grisaille de Paris au blanc lumineux est le premier élément de dépaysement.

Passons sur les joies du voyage en car-couchette qui est, en fait, une question d'habitude. Les initiés se refilent les bons tuyaux. L'avantage évident du car est son coût, mais surtout il nous emmène au départ de la randonnée, ou très proche, et de bonne heure.

Prapic 2008


La sortie commence donc le samedi

par un bon petit déj dans une de ces tavernes douillettes à l'odeur de café chaud et de Génépi dont le milieu alpin a le secret, pas trop loin de la boulangerie-croissanterie, ou à l'intérieur de celle-ci lorsqu' elle possède tables et chaises.
Le top : le buffet traditionnel dans les bons vieux hôtels suisses ...Mmm... Sinon dans le premier et seul bar du village ouvert à 7h du mat'.
Ensuite, les groupes sont fin prêts pour entrer dans le vif du sujet.

Justement dans ski de rando, il y a rando, et la randonnée est vraiment une composante du plaisir qu'apporte cette activité. Contrairement à certaines idées reçues, la montée au refuge doit se concevoir comme une balade.
L'isolement, le dépaysement et l'imposant décor minéral rompent instantanément les amarres avec la vie citadine. Au sein d' un milieu naturel qui redevient tout de suite plus sauvage, les sens sont en éveil,
L'esprit d'aventure dans une espace de liberté.

En plein hiver, la montée va traverser les forêts de sapins et mélèzes, passer à côté de vieilles granges, suivre les chemins forestiers fermés, couper des traces d'animaux...
On peut converser, ou écouter le bruit de sa marche sur la neige. Le skieur est comme une libellule, sa glisse est feutrée et légère, son bavardage un gentil gazouillis rythmé ; sa fine trace croise parfois quelques gallinacés qui marchent en canard avec leurs palmes à neige, en jacassant de gracieux coin-coin.

Enfin, l'itinéraire sort de la forêt pour atteindre la Haute Montagne, avec pour récompense, le paysage des sommets environnants dont on ne se lasse pas quand on aime.
Mieux encore, si la course a lieu sur glacier, lorsqu'on doit évoluer en louvoyant entre, au-dessus, au ras, voire dans les crevasses : effarant et grandiose !

La randonnée à skis est une activité d'endurance et non une course éreintante.

Inutile de s'affoler sur le dénivelé, c'est le rythme de la progression, soutenu mais relativement lent, qui importe. Le corps se met à respirer, il boit l'air froid et pur du matin comme une bonne rasade de thé glacé à la chaleur d'une terrasse. Les muscles s'échauffent et l'on marche sans y penser.
L'esprit aussi se met à respirer. Il profite de l'occasion et du silence pour faire un retour sur soi, pour évacuer ses toxines. Il a le temps : 5 heures de marche, un peu de ski et tout un week-end. Cela permet de prendre de la hauteur, de souffler en cadence, de ne penser à rien :  

Juste glisser.

Sauf cas de montée dans des pentes fortes, l'aspect sportif sera essentiellement fonction du poids transporté et de la durée de la randonnée. Ce qui implique de gérer harmonieusement sa condition physique, son équipement, son eau et ses victuailles.
Il arrive parfois que les skieurs utilisent – un peu – les remontées mécaniques quand les montées démarrent à portée de spatules des stations de ski. Surtout si la neige n'est pas présente au dernier parking.

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Ah ! le refuge

  • Son ambiance rustique, ni chaud ni froid, mais soit l'un, soit l'autre,
  • La légendaire gentillesse de ses gardien(ne)s
  • Le réconfort de la mousse ou de la soupe après l'effort,
  • Ses traditions : vieilles pantoufles dépareillées obligatoires. Peaux, gants et chaussettes qui sèchent entassées autour de l'âtre, ses parties de carte
  • Sa bonne grosse cuisine
  • Le bonheur d'un bon matelas pour étendre les jambes, et ronfler un bon coup, donc !

Bref ,... une bonne bouffée de chaleur humaine…

Au sortir du refuge, le dimanche,

l'ambiance du petit matin est unique et magique, avec la nuit encore présente et le lever du soleil qui accompagne lentement vos pas, éclaire les sommets environnants d'une lumière éclatante à la fois froide et rougeoyante. Le silence est prenant et le bruit des skis sur la neige totalement cristallin.

…Des moments dont chacun se délecte intérieurement.

Bon, parfois c'est le brouillard ou le blizzard qui vous accueille à la sortie du refuge , mais là encore c'est un autre plaisir, davantage basé sur le repli intérieur (à l'abri de sa capuche), la solitude avec du blanc partout autour, la résistance au vent et au froid, le combat contre l'idée qu'on serait mieux ailleurs.

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Bien reposés, les courses du dimanche peuvent être plus sportives, car en altitude plus élevée, sur des terrains plus difficiles (pente, glace ou neige dure, rochers), éventuellement plus longues, mais avec, en contrepartie, une bonne nuit de sommeil, un bon petit dèjeuner et l'acclimatation à l'altitude; sans oublier la suppression du fameux poids sur les épaules dû aux soucis et au stress de la vie citadine et de leurs conséquences physico-physio-psycho…

Certaines marches peuvent se finir sur des terrains très accidentés et escarpés (arêtes rocheuses, mixtes, couloirs ,...). Et certaines virées peuvent aussi (très rarement) se finir de nuit... On parlait bien d'aventure ?

Plus qu'un sport, le ski de randonnée est une expérience individuelle dans une dimension d'équipe…

C'est clair.


Enfin , nous voilà au sommet !

Au delà d'un simple objectif d'excursion, atteindre le sommet , ou le col, est aussi un challenge personnel que l'on se fixe : vitesse, durée, altitude, volonté, ténacité, courage…. Cela donne le sentiment d'avoir accompli quelque chose par soi-même , de s'être accompli, avec la joie toute bête d'en avoir enfin fini, et la sensation d'être au bout : on ne peut aller plus loin !

Alors seulement, on portera un petit regard émerveillé alentour pour se convaincre que c'est pour tant de beauté qu'on est monté si longtemps. Car la face cachée du sommet est sa récompense qui en justifie l'effort  : prendre de la hauteur pour la descente !


Qui ne s'est jamais imaginé godiller dans la poudre légère et vierge de pentes immaculées ?

Même les skieurs en Stem s'y voient ! Leurs yeux embués par la neige de leur dernière gamelle traduisent certes la jalousie, mais aussi un peu d'admiration envers les « dieux » qui dansent sur la peuf.

Ce n'est pas toujours le cas, parfois le manteau neigeux est tassé, ou humide, et s'apparente plus à une immense piste de neige (naturelle) fraîche et bien damée. Ce qui n'est pas mal non plus (surtout pour les "3 étoiles").

De plus, le plaisir de la descente est proportionnel à l'effort de la montée, elle paraît toujours longue et s'apprécie bien davantage. À déguster sans modération, mais en connaisseur, par petits plans successifs.
Comme dans les films de glisse, mais en mieux, puisque vous y êtes, avec des copains, et qu'à la fin vous direz peut-être aussi : Que du bonheur !

Voilà, si ce petit laïus vous a donné l'envie d'aventure hivernale,
venez découvrir le ski de rando au CIHM.

Et pourquoi pas gravir et descendre un jour le Mont-Blanc ?… À ski !

Mont-Blanc vu des Dômes de Miage

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