RANDONNÉE PÉDESTRE

  • Samedi 8 décembre

    Péniche, Musiciens et balade sur Seine,
    PAF : 13 € + vos specialités

  • Randonnée pédestre
    Randonnée pédestre
  • Adhésion 2019

    A compter du 1er septembre : adhérez ou renouvellez votre adhésion.

    En ligne via notre site ou à l'aide du formulaire.

    Adhésion valable jusqu'au 31/10/2019. Contact : bureau@cihm.info

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  • Formation Cartographie niv1
    Formation Cartographie niv1

    1 soirée supplémentaire pour les inscrits, 

    le 4 décembre , contacter l'organisatrice

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Sur le sentier Urbain V, du 21 au 28 Octobre 2018

par Catherine Bertin

Ambiance automnale et grand soleil pour cette randonnée cévenole de Mende à Anduze.

Randonnée organisée par Catherine B avec la participation de Françoise B, Marie-Claude B, Anne F, Chantal L, Serge L, Cécile R.

J0, dimanche 21/10 : RV à Mende

Rejoindre la Lozère pour des parisiens implique déjà près de 7 heures de trajet …

C’est donc à la nuit, en car depuis Clermont- Ferrand, que nous atteignons enfin Mende choisi comme point de départ de cette randonnée sur les pas d’Urbain V .

Une petite balade nocturne nous conduit du pont Notre-Dame, enjambant le Lot de sa belle hauteur, aux rues de la vieille ville égayées de parapluies roses.

Guidés par l’élégante flèche éclairée, nous atteignons la sobre mais monumentale cathédrale offerte à la ville par le pape Urbain V, l’inspirateur de notre randonnée.

J1, lundi 22/10 : Sur le causse de Mende ( ≈ 5h de marche , 18km )

Un court transfert en taxi par « la côte Jalabert » nous monte sur le causse surplombant Mende . A la ferme abandonnée de Chapieu, nous admirons le bâti traditionnel, en particulier les voûtes supportant la lourde couverture de dalles calcaires. A midi, nous faisons halte à Lanuejols près d’un rare mausolée gallo- romain. Ce petit village nous offre aussi à voir une sobre église romane à l’élégante coupole.

En descendant sur St Etienne du Valdonnez, nous croisons un important troupeau de moutons. Cet élevage traditionnel est malheureusement remplacé par celui de vaches limousines du fait des attaques de loups qui sévissent depuis plusieurs années dans la région. C’est ce que nous expliquera notre hôtesse du soir, jeune éleveuse courageuse du hameau déserté de la Fage, autour d’un chaleureux souper.

J2, mardi 23/10 : A défaut de moutons, comptons les menhirs … ( ≈ 4 h de marche , 17 km )

Le signal du départ est donné au clocher de tourmente, bel édifice aux blocs de granite assemblés à pierre nue, dont la cloche servait à guider les égarés dans les tempêtes.

A une semaine près cette cloche aurait pu nous secourir car la neige est tombée fin Octobre en Lozère …

Le chemin nous mène au champ des Bondons, deuxième site mégalithique de France. Là se dressent de nombreux menhirs de granite ayant donc été taillé à plusieurs km .

A 1200 m d’altitude , la vue porte au loin sur le causse Méjean et sur les « mamelons » des Bondons qui constituent des buttes témoins d’érosion .

Le chemin redescend au sud vers le hameau des Combettes ou nous nous continuerons dans cette direction pour rejoindre Florac par le GR43.

L’arrivée à Florac est un peu pénible tant cette petite ville s’étale le long du Tarn. Aussi, nous prenons le temps de profiter du bistrot et autres commerces de bouche avant de rejoindre le centre d’accueil des Cévennes près du stade. Le centre a été infecté par des punaises et nous sommes anxieux. Nous inspectons méticuleusement les lits mais les traitements semblent avoir été efficaces et échappons aux piqûres.

J3, mercredi 24/10 : du berceau d’Urbain V au fief des camisards (≈ 3h 30, 14 km )

C’est en taxi que nous gagnons le hameau de Saliège pour nous éviter une trop longue étape.

De là nous continuons à monter pour atteindre, derrière la crête marquée de chaos granitiques, le site dégagé de Grizac .

Dans le rustique château en contrebas du hameau est né en 1310 le futur Urbain V.

Tandis que nous lisons à haute voix sa biographie, nous avons la surprise de voir la lourde porte s’ouvrir sur un descendant de sa famille, le marquis de Laubespin . Celui-ci, à l’origine de la restauration du château , se fait un plaisir de nous emmener sur sa terrasse promontoire pour y admirer la vue sur les montagnes boisées du massif du Bougès.

Ce hameau croise étonnamment l’histoire de deux religions puisque que

quatre siècles après la naissance de son illustre pape, les combats y furent sanglants entre les protestants et les dragons de Louis XIV .

Après le déjeuner nous gagnons le bois d’Altefage puis bifurquons vers le Nord pour descendre sur Pont de Montvert par un sentier escarpé tracé dans l’arène granitique .

Cette étape, une des plus belles de notre semaine , nous mène à l’auberge des Cévennes , celle là même où 140 ans plus tôt fit étape RL Stevenson .

Des fenêtres de nos chambres nous avons une vue sur le fameux pont où pris naissance la révolte des protestants par la jetée à l’eau de l’abbé Cayla qui retenait prisonniers plusieurs d’entre eux.

Au diner nous arrivons à dérider notre austère aubergiste en vantant ses talents de cuisinier. Potage de légumes, omelette aux champignons, mémorable plateau de fromages et tartes aux prunes acidulées nous régalent.

J4 : en errance dans la montagne du Bougès …( ≈ 4h30 + 1h30 de marche, 16 /22 km)

Nous remontons de Pont-de-Montvert par la petite départementale qui longe le rû du Martinet. Par une piste forestière nous pénétrons ensuite le massif du Bougès dont les denses forêts servirent de refuge aux camisards pour y organiser leur révolte.

A 1300 m d’altitude , sur la crête, est érigée la stèle Raymond Senn en mémoire de l’un des précurseurs des GR . Nous pique niquons un peu plus loin au col du Bougès . Puis, à la faveur d’une bonne sieste, notre sens de l’orientation défailli puisque une bonne heure après la remise en marche , nous saluons une nouvelle fois la mémoire de Raymond Senn …

Réorientés plein Est mais pris par le temps nous ratons cette fois le signal du Ventalon , point culminant du Bouges et promesse d’une belle vue sur les Cévennes et le Mont Lozère…

Une longue piste interminable nous descend au col de Chamblas , voie d’accès pour atteindre notre hébergement au hameau de la Lauze sur la commune de St Privat .

Là nous attend un gite décoré avec goût et un accueil sympathique de Mr Alvard, gaveur d’oies et sa compagne physicienne. Les cuisses de canard et lentilles à la graisse ainsi que la zomothérapie vantée par Marie Claude ont failli avoir raison des végétariens ce soir là !  

J5 : en ramassant les châtaignes ( ≈ 4h 30 de marche , 16km)

Depuis le Bougès nous sommes passé dans les Cévennes schisteuses, terre de prédilection du châtaignier,  « l’arbre à pain » des cévenols d’autrefois. Aussi, c’est en alourdissant nos sacs de châtaignes que nous atteignons le col de Jalcreste pour rejoindre la grande draille du Languedoc. Celle-ci nous mène rudement sur les hauteurs d’où s’offre une vue magnifique jusqu’au Mont Ventoux. Nous redescendons jusqu’au hameau des Ayres où un café vient à point nommé après notre pique-nique. La présence inespérée de celui-ci s’explique par le fait que ce site correspond à une étape importante de la transhumance. Près de 600 moutons y transitent encore début juin et fin septembre.

Traditionnellement s’y tenaient plusieurs «loues», foires où les journaliers se louaient pour la récolte des cocons du ver à soie, les vendanges , le ramassage des châtaignes…

A ce propos, la descente qu’y suit dans les châtaigniers nous vaut une rencontre instructive avec un «castanéiculteur». Nous y apprenons l’usage des filets pour accélérer la récolte ainsi qu’à reconnaître les arbres greffés et à privilégier les variétés paysannes, telles que les pellegrines, moins grosses mais plus savoureuses que les hybrides asiatiques.

La descente qui se poursuit vers ST Germain de Calberte nous donne à admirer de belles bancels, terrasses aménagées pour retenir la terre des cultures.

Derrière l’église de notre village étape, une statue en bronze rend d’ailleurs hommage à « l’Homme Cévenol » bâtisseur de ces murets de pierre.

Nous apprécions la propreté de notre gite du soir « la lune rousse », l’accueil de sa gérante , son omelette aux cèpes et, fort à propos pour clore cette journée, son gâteau aux châtaignes !

J6 : cap au Sud vers les Cévennes gardoises (≈ 5h30 de marche, 19 km)

Le temps vire brutalement à l’Automne ce matin et c’est équipé(e)s des capes de pluie que nous traçons jusqu'à St-Etienne-Vallée-Française. L’étape de ce matin, il est vrai le long de la route, n’est pas la plus belle. A midi la salle hors sac du café nous héberge et le kir à la châtaigne contribue à nous réchauffer. L’après midi la montée au col de St Pierre se fait par une ancienne voie royale taillée dans le schiste. Au col une borne indique que nous entrons dans le département du Gard. S’amorce alors une descente rapide sur St-Jean-du –Gard, ville « terminus » du voyage de Stevenson à travers les Cévennes. Nous faisons pour notre part halte avant, au hameau de Bannière accessible par un joli sentier tracé au travers les pins. Nous y sommes hébergés dans la grande maison d’un sympathique couple d’éleveurs ovins.

J7 : en touristes (1h de marche)

Nous gagnions St-Jean- du Gard en suivant la rive du Gardon. Le climat plus méridional de ces Cévennes gardoises a permis autrefois ici la culture de muriers pour l’élevage des vers à soie. Cet âge d’or de la sériculture a laissé de beaux bâtiments industriels tels celui de la filature de Maison Rouge transformée en musée des cultures cévenoles.

La ligne de chemin de fer St-Jean- du Gard / Anduze fût construite à l’époque avec ses nombreux ouvrages d’art pour l’adapter à un relief encore tourmenté. C’est donc en touristes et en « traction à vapeur » que nous gagnions Anduze «  porte des Cévennes », limite entre les montagnes et la plaine du Gardon.

Plus précisément nous nous arrêtons à la bambouseraie pour y admirer les nombreuses espèces de bambous, des séquoias géants et un flamboyant jardin japonais égayant les lieux malgré le temps maussade.

Un taxi nous conduit à Nîmes où les plus organisés auront le temps, avant leur train, d’entrevoir le riche passé gallo romain de la ville au travers l’élégante maison carrée, les arènes imposantes et les collections exposées dans le bel écrin du tout nouveau musée de la Romanité.

Ainsi s’achève une semaine de randonnée en apparence « hors temps » mais dans les faits rythmée par un riche passé géologique, égayée d’énigmatiques menhirs, d’imposants vestiges gallo romains…sur les pas d’un pape érudit, de fougueux camisards, de placides troupeaux et de courageux paysans.

album photo

http://www.cihm.info/component/phocagallery/category/18-sortie2588-randonnee-cevenole-sur-les-pas-d-urbain-v?Itemid=135

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